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Quelles sont les qualités d’un gestionnaire qui a su s’adapter au télétravail et au travail hybride?

20 septembre 2021

Depuis le début de la pandémie, le métier de gestionnaire a profondément changé. En plus d’avoir dû implanter en urgence le télétravail et préparer le retour au bureau en mode hybride, les gestionnaires, qui sont responsables de 70 % du climat d’une équipe de travail, selon la revue Gestion, ont dû développer de nouvelles qualités afin de s’adapter aux nouvelles réalités du travail.

Mais quelles sont-elles? C’est notamment à cette question qu’a répondu Éric Brunelle, professeur titulaire en management aux HEC Montréal, le 17 septembre dernier lors du webinaire organisé par le Conseil du patronat du Québec (CPQ).

Adopter la gestion axée sur les résultats et éviter de surcontrôler les employés

Les recherches sur le sujet sont équivoques : le télétravail augmente de 22 % la productivité d’une organisation dès la première année de son implantation. Toutefois, ces gains ne subsisteront que si les entreprises mettent en place de bonnes pratiques.

« Le réflexe de beaucoup de gestionnaires est de reproduire en télétravail ce que nous avions au bureau, mais ça ne fonctionne pas à long terme. Si on continue de penser de la même manière qu’en présentiel, ça ne peut pas fonctionner », indique M. Brunelle.

Les gestionnaires doivent ainsi prendre le temps de clarifier, avec l’aide de leurs salariés, deux éléments fondamentaux :

1- Le contrôle.

En télétravail et en travail hybride, les gestionnaires sont parfois portés à vouloir contrôler davantage leurs collaborateurs étant donné qu’ils ne les ont pas en face d’eux constamment. « C’est contreproductif de vouloir surcontrôler les employés. Ça a l’effet inverse. Si on se met à contrôler, on crée du désengagement », met en garde le professeur.

2- La gestion de la performance.

Les gestionnaires peuvent adopter la gestion axée sur les résultats. Ils auraient également avantage à changer les méthodes d’évaluation. Au lieu de procéder à une évaluation annuelle comme d’habitude, ils devraient rencontrer leurs collaborateurs plusieurs fois par année pour mieux connaître leurs points d’intérêt et leurs ambitions.

Favoriser les échanges informels

Le télétravail à distance a marqué la fin des échanges informels tels qu’on les connaît. Pourtant, les échanges de corridor sont précieux pour les organisations. Ils permettent entre autres aux gestionnaires :

  • d’obtenir de l’information privilégiée;
  • d’ajuster le tir au besoin;
  • de repérer d’éventuels conflits.

De plus, les employés qui ont régulièrement des échanges informels se sentent plus proches de leurs collègues, ce qui renforce les communications internes.

Il est donc primordial pour les gestionnaires d’investir dans la socialisation. « Ce n’est pas une perte de revenu, mais un investissement à long terme qui peut être payant », avance le spécialiste en management.

Attention, il ne faut pas que la socialisation soit forcée, car elle devient alors contraignante pour les employés. De plus, elle ne doit pas seulement tourner autour du gestionnaire. Entre eux, les employés doivent être capables d’avoir des discussions.

Certains chefs d’équipe ont d’ailleurs trouvé un moyen original pour favoriser les échanges informels : arriver quelques minutes en retard aux réunions.

Prendre du temps pour soi

Depuis mars 2020, on parle beaucoup de la santé mentale des travailleurs, mais il ne faut pas non plus oublier les gestionnaires qui vivent énormément de pression au quotidien. « Le fait d’être seul à la maison génère une panoplie d’émotions qu’on ne vit pas en présentiel », rappelle M. Brunelle.

Certains ont éprouvé un sentiment d’isolement, de la culpabilité et de l’impuissance. D’autres, qui ont ressenti une perte de contrôle, se sont mis à avoir un comportement destructeur, par exemple en se rendant disponibles 24 heures sur 24 pour leurs collaborateurs.

« Quand on veut trop bien faire, on se fait du tort », rappelle le professeur à HEC Montréal.

Pour préserver leur santé mentale, les gestionnaires ont avantage à :

  • fixer des plages horaires pendant lesquelles ils ne sont pas disponibles pour des réunions, des appels ou des courriels;
  • ne pas recevoir ni envoyer des courriels après une certaine heure pour permettre à leur cerveau de se déconnecter et diminuer la charge mentale;
  • prendre une pause de 10 à 15 minutes après une réunion virtuelle d’une ou de deux heures pour pouvoir se ressourcer et attaquer avec plus d’énergie les prochaines tâches.

Diminuer l’effet d’éloignement

La perte de la culture est l’un des plus grands risques auxquels s’exposent les organisations, et c’est encore plus vrai en mode hybride. « Selon des études, ça prend de cinq à huit ans pour construire une culture, mais ça peut se perdre en une année », soutient M. Brunelle.

Pourtant, la culture est un actif précieux. Si elle contribue à accroître le taux de rétention au sein de l’entreprise, elle est aussi un facteur d’attraction important des nouveaux talents. Par conséquent, les gestionnaires doivent créer des moments forts qui permettront à leurs collaborateurs de vivre des expériences positives.

Par exemple, chez Cascades, les employés sont fiers de s’identifier comme étant des « cascadeurs ». Le géant du web Yahoo a même créé un réseau social interne qui permet aux salariés de partager des photos personnelles et de mettre en valeur les bons coups de l’équipe.

 

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Éric Brunelle
Éric Brunelle

Éric Brunelle est professeur titulaire en management à HEC Montréal.

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